Histoire d’ EURO-PSY
 

    Dans les années 80, à l’université Paris VII existait un groupe d’enseignants de l’UFR de Sciences humaines cliniques (Joël Dor, Ginette Michaud, José Manenti et Alain Vanier, tous quatre membres du C.F.R.P. et enseignants à Paris VII, ainsi que Jacques de Jouffroy) tous décidés à ce que se maintienne une réflexion à la fois clinique, psychanalytique et institutionnelle dans un ensemble d’enseignements regroupés sous le titre de « Psychanalyse , psychose et institutions »

En effet, dans le mouvement de mai 68 se sont libérés toutes sortes de désirs d’enseignements, muselés jusque là par l’enseignement traditionnel. Ainsi fut crée par Mme Favez Boutonnier  à la Sorbonne puis au sein de l’université Paris VII un enseignement de psychologie clinique puis à la suite de cette création des enseignements de psychanalyse, sous la direction de Jean Laplanche, François Gantheret et Pierre Fédida. Parallèlement, la dimension sociale et institutionnelle était représentée par un enseignement de psychologie sociale » clinique » sous la direction de Claude Revault d’ Allonnes puis Jacqueline Barus-Michel et d’autres. Cependant les positions théoriques et idéologiques des uns et des autres dont beaucoup étaient aussi psychanalystes se reflétaient dans leurs enseignements. L’enseignement de la psychanalyse, s’il était avant tout Freudien, faisait la part des autres tendances et écoles y compris l’école anglo saxonne. Les conflits au sein du mouvement psychanalytique  français se reflétaient dans le choix des enseignants et des recherches doctorales proposées, c’est dire que pour faire place à  la transmission de l’enseignement de Jacques Lacan, il fallut se battre.

Pendant ces années 70 le mouvement de psychothérapie institutionnelle se référait déjà pour l’analyse des institutions et de l’inconscient dans les groupes autant à François Tosquelles qui lui venait d’un autre univers et tout en étant freudien avait intégré la théorie des groupes qu’à Jean Oury qui par contre se référait plus à Lacan qu’à Freud. Dans notre enseignement  et notre pratique institutionnelle et clinique, Lacan était incontournable.

Cependant un groupe de psychiatres, le GTPsy avait misy à l’œuvre la réflexion sur l’incidence de la psychanalyse et les théories sociologiques marxistes et anthropologiques dans le travail quotidien institutionnel ; A l’université on se trouvait face à ce que Lacan justement épinglait comme  discours qui entravait le discours analytique : le discours universitaire. Parallèlement dans les écoles de formation des analystes, loin de pouvoir revendiquer qu’il s’y agisse un discours psychanalytique, il s’agissait souvent du discours du maître, épinglé aussi par Lacan et que ses élèves ou assujettis laissaient croire que lui même le représentait.
Face à tous ces chemins de recherches divergents, le groupe que nous faisions s’était engagé dans la voie de proposer la mise en place d’un enseignement pour les Psy et annexes qui sortiraient de l’université et pour les praticiens psy et ayant une fonction soignante dans les institutions une association qui continuerait, dans le droit fil des enseignements de
Lacan, Tosquelles et Oury  du GT Psy et de notre enseignement «  Psychose et institutions » de la fac, une formation où on pourrait se départir du discours universitaire, d’une part, et du discours du maître, d’autre part, échange au plus près si possible d’une parole dépourvue d’effet imaginaire qui saborde bien souvent les échanges.

Ainsi est né EURO-PSY.

Josée Manenti


Alain Vanier

 
 

Jacques de Jouffroy

 

Ginette Michaud

 

Joël Dor